12 Mai 2026

LE SENS DES MOTS DANS LES CIVILISATIONS AFRICAINES
SUR QUELQUES EXEMPLES DE LA LETTRE
A
L'Afrique n'est plus un continent marginal, elle ne permet plus le voyage au coeur des ténèbres.
Ses nations rappelées à la vie, riches de forces trop longtemps contenues, retrouvent le chemins de l'Histoire.
Ses civilisations se transforment et redeviennent créatrices, elles révèlent avec une vigueur accrue la personnalité africaine de la négritude.
A F R I C A
Tout est un en germe chez les Anciens.
Le nom de l'Afrique en est un témoignage.
Quand Rome eut abattu Carthage, elle fit des terres soumises une province qu'elle nomma Africa (du nom des Afri, dont on ne sait pas grand chose): ce n'était que le nord-est de la Tunisie actuelle.
A la suite de l'extension du contrôle romain sur le Maghreb, César créa une Africa nova dite désormais vetus, et les deux provinces fusionnèrent pour former celle qui fut l'Afrique du Haut Empire, dite proconsularis pour signifier son type d'administration: elle couvrait approximativement la Tunisie, une assez mince bande d'Algérie orientale et la Tripolitaine.

Au-delà des remaniements administratifs du Bas-Empire et de Byzance, l'Islma hérita du mot et du sens : notion d'abord " ouverte, l'Ifriqiya désigna vite le même noyau tunisien, un peu plus élargi en Algérie orientale, c'est le cadre de l'émirat aghlabide au IXe siècle.
A F R I C A N I T E . Ceux qui connaissent superficiellement l'Afrique noire la voient comme un monolithe culturel où tous vivent, sentent et pensent pareillement : ceux qui la connaissent mieux insistent sur la variété des langues, des coutumes, des héritages sociaux; ceux qui la connaissent très bien perçoivent sous cette diversité une vaste unité culturelle de même ampleur et de même type que ce qu'on appelle l'Occident européen.
A N C Ê T R E S . Ils sont nombreux dans nos musées européens, les ancêtres d'Afrique.

etc...
Longtemps , on les a pris pour des dieux, des " fétiches" (du portugais feitico, qui signifie factice, artificiel) que de naïves peuplades adoraient après les avoir fabriqués.
Sans doute, toutes les statues africaines représentant un être humain ne sont pas figurines ancestrales:
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Certaines sont des substituts d'un enfant mort, d'autres sont utilisés pour la divination ou la magie.
Mais les ancêtres apparaissent fréquement dans les scultures des agriculteurs de la forêt équatoriale où se situent les principaux, centres artistiques qui ont crée l' "art nègre "
sujet d'émerveillement, au début de ce siècle, pour les cubistes occidentaux.
Cette dominance du thème ancestral dans le sanctuaire classique traduit une profonde réalité existentielle: chaque Africain est ce qu'il est, a ce qu'il a en tant que descendant d'un ancêtre.
Origine de vie et de prospérité, point fixe de référence, l'ancêtre est présent dans la mémoire de ses descendants et dans la culture familière qu'ils lui rendent : fréquentes invocations, offrandes quotidiennes d'un peu de boisson et de nourriture. Les statues se situent dans ce rituel.
A travers elles, nous percevons l'image que les Africains se faisaient de leurs ascendants. Ils les voyaient puissants et forts.

Quoique de dimensions réduites - elles atteignent rarement un mètre de hauteur.
A N T I L O P E . Les sculptures les plus connues des Bambara sont leurs antilopes
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le rythme de ces sommets de coiffure en bois découpé, l'extrème diversité dans les dimensions, les types, les styles- on ne trouve jamais deux exemplaires semblables - les ont fait adopter très tôt par les collectionneurs d'art nègre"
ART NEGRE-

Invention occidentale, l' "art nègre" est né au début de notre siècle avec la découverte par quelques artistes -
Vlaminck aurait été le premier, mais c'est lui qui s'en vante - de souvenirs de voyage, statuettes ou masques rapportés par des explorateurs ou des marins pour échouer sur le comptoir d'un marchand de vins, ou l'étalage d'un brocanteur du Marché aux Puces.
Certes, des musées d'ethnographie existaient déjà à cette époque dans presque toutes les capitales -
Vlaminck lui-même et Derain connaissaient bien les galeries de l'ancien Trocadero, mais leurs conservateurs, hommes de science, voyaient dans les objets confiés à leur garde des témoins de la vie quotidienne, des accessoires de danse ou des idoles barbares; nul n'avait encore songé qu'un " fétiche" pût être aussi une oeuvre d'art.
Qu'est-ce-qu'un fétiche

Dans le sens des mots .
Le mot fétiche a connu une formule plus grande que le mot idole, employé aussi dans de nombreux récits des voyages anciens- parfois assez récente -ne parle pas de divinités" mais de fétiches, pas de prêtres", mais des féticheurs; et le terme de fétichisme a souvent été employé pour désigner l'ensemble des religions traditionnelles.
Mais nul n'avait encore songé qun " fétiche " pût être aussi une oeuvre d'art.
Le mouvement qui amène les Fauves et futurs Cubistes à se tourner vers les " nègres" est un mouvement de révolte comparable à celui qui avait poussé leurs ainés à regarder vers l'Extrême-Orient, conduit par Gauguin en Polynésie.
Rien de tel avec les "arts sauvages", qualificatif sous lequel figurent longtemps confondues sculptures d'Afrique et d'Océanie.
etc .......
QUAND ON PARLE DE L'ART NEGRE

Invention occidentale," l' art nègre " est né au début de notre siècle avec la découverte par quelques artistes pour leurs souvenirs de voyage, statuettes ou masques rapportés par des explorateurs ou des marins pour échouer sur le comptoir d'un marchand de vins, ou l'étalage d'un brocanteur du Marché aux Puces.
Certes, des musées d'ethnographie existaient déjà à cette époque dans presque toutes les capitales. -

Concluons avec la chanson
de Rose Laurens
A F R I C A
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